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Linda Lê est une écrivain française d’origine vietnamienne né en 1963.

Son père est ingénieur originaire du Nord-Vietnam et sa mère vient d’une famille aisée naturalisée française, Linda Lê vit à Dalat. En 1969 la famille part à Saïgon pour fuir la guerre. Linda Lê suit ses études au lycée français et se passionne pour Victor Hugo et Balzac. En 1977, elle arrive au Havre avec les femmes de sa famille. En 1981, elle monte à Paris pleine d’ambition, suit les cours de khâgne au Lycée Henri-IV, puis s’inscrit à la Sorbonne.

Son premier roman, Un si tendre vampire, paraît en 1986.

Linda Lê est longtemps restée un auteur peu connu du grand public malgré un succès critique indéniable, mais son œuvre a désormais maintes fois été couronnée : elle a reçu le prix de la Vocation en 1990, le prix Renaissance de la nouvelle pour « Les Évangiles du crime » en 1993, le prix Fénéon pour « Les Trois Parques » en 1997, le prix Wepler pour « Cronos » en 2010, la bourse Cioran en 2010, le Prix Renaudot Poche pour « A l’enfant que je n’aurai pas » en 2011.

« Lame de fond » en 2012 reçoit une nouvelle fois un très bon accueil.

Discrète, Linda Lê fuit les médias et se présente volontiers comme « un ours qui se terre »

La frange crantée de Linda Lê ressemble à un casque corinthien : dégagée sur les yeux et plus longue sur le nez, elle camoufle, tout en laissant passer son regard acéré. Comme ses personnages aux noms singuliers, la Manchote (Les Trois Parques), Sola (In memoriam), Una (Cronos), Linda Lê marche en solitaire, secrète, farouchement indépendante. Née au Vietnam en 1963, elle s’est exilée au Havre, avec sa mère et ses sœurs, en 1977. Son premier roman, Un si tendre vampire, écrit en français à 23 ans, marque l’avènement d’une écriture baroque et crépusculaire qui n’a cessé de creuser son sillon depuis, nourrie par la lecture assidue d’innombrables cavaliers seuls de la littérature mondiale, tels Ingeborg Bachmann, Louis-René des Forêts, Kobo Abe ou Stig Dagerman. Hommage à son père disparu, Lettre morte (1999) reste son ouvrage le plus écorché, le plus ensorcelant. L’œuvre de Linda Lê a des allures de gigantesque oraison funèbre, dont chaque pièce semble être le reflet de l’autre. Avec son nouveau roman, Cronos, tragédie de la dictature, elle laisse aujourd’hui éclater une féroce sauvagerie. De cette violence longtemps contenue, rien ne transparaît dans sa voix si douce, si chuchotante.

propos recueillis par Marine Landrot . Telerama 21/8/2010