‘S’il fallait d’un mot, d’un seul, dire la peinture de Cầm, alors ce serait l’absence, ou alors son contraire exact, une impérieuse présence nourrie, justement, par l’absence. Entre les deux se sont insinuées les intermittences de la vie, les intermittences de cœur, cette expression dont Proust voulut jadis baptiser son œuvre maîtresse avant de l’immortaliser sous ce titre manifeste :  » A la recherche du temps perdu « . Perdu ? Celui de Cầm serait plustôt gagné, ou regagné, avec l’obstination lente et silencieuse de l’artiste, la pente naturelle qui ramène aux origines. Le va-et-vient des pinceaux de Cầm, poils de soie, brosse de bois, les collages et pliages sur ses toiles si vivantes, tout cela évoque un lointain perdu, inaccessible,puis retrouvé.Eric Fottorino
Journaliste – écrivain – prix Fémina 2007
Directeur du journal Le Monde