Tran Anh Hung est né au Vietnam en 1962. Son enfance est marquée par la fameuse guerre qui ravage son pays. En 1975, alors qu’il n’a que 13 ans, le petit Tran Anh part en France pour échapper au climat délétère de l’Asie du Sud-Est. Attiré par le cinéma, il entre à l’Ecole Louis-Lumière en 1987. Il réalise un court métrage de fin d’études en 1991, intitulé La Pierre de l’attente. Suit un autre court, La Femme mariée, tourné l’année suivante.

En 1993, Tran Anh Hung réalise son premier long métrage de fiction,L’Odeur de la papaye verte. Cette comédie dramatique se déroule dans le Vietnam rural des années 50.Le film retrace le parcours d’une petite vietnamienne qui, avec les épreuves de la vie, apprend à devenir une femme. L’Odeur de la papaye verte est ovationné par la critique et décroche la Caméra d’or au Festival de Cannes ainsi que le César de la Meilleure Première Œuvre de Fiction. Son film suivant, Cyclo, dont l’action se déroule à Hô Chi Minh Ville, sort sur les écrans trois ans plus tard. L’œuvre, d’une grande brutalité autant physique que psychologique, est elle aussi récompensée, cette fois par le Lion d’Or à Venise. A la verticale de l’été, tourné en 2000, constitue la dernière œuvre de sa « trilogie vietnamienne » et reçoit encore une fois des critiques élogieuses. Il est projeté à Cannes dans la sélection Un certain regard.

Après huit ans d’absence, Je Viens Avec La Pluie (inédit en France) marque son retour derrière la caméra. Production espagnole, ce thriller se nourrit d’un casting international, réunissant plusieurs acteurs hollywoodiens (Josh Hartnett etElias Koteas en tête) et des comédiens asiatiques. Sorti en 2011, La Ballade de l’Impossible confirme par la suite le renouveau de Tran Anh Hung. Le cinéaste, qui délocalise une nouvelle fois l’intrigue pour la situer dans le Japon des années 60 au moment des révoltes estudiantines, retrouve ses sujets de prédilection : un contexte de conflit, des amours torturés, la perte d’innocence…

Auteur : Louis Daubresse